Archive pour la catégorie ‘Conférences’

Samedi 16 février 2019 : Autour des découvertes du Bourg, à Sainte Colombe (69)

vendredi 8 février 2019

à l’Institut National d’Histoire de l’Art (INHA),

2 rue Vivienne, 75002 PARIS, 

salle Walter Benjamin, rez-de-chaussée

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Benjamin Clément (Archeodunum SAS)

Présentera une communication sur :

Un quartier de Vienne antique figé par les flammes. Autour des découvertes du Bourg, à Sainte Colombe (69)

Dans les faubourgs de la ville antique de Vienne, une fouille préventive s’est déroulée en 2017 sur une parcelle de 7000 m², en préalable à la construction de quatre immeubles de logements. Les investigations ont exhumé un quartier entier de la colonie, installé entre la voie de Narbonnaise et la rive droite du Rhône, où se mêlent domus aux riches mosaïques, espaces publics, appartements locatifs et bâtiments commerciaux. Les vestiges présentent un état de conservation exceptionnel en raison de la destruction de ce secteur par des incendies violents, qui ont eu lieu successivement à la fin du Ier siècle et au début du IIIe siècle apr. J.-C. Cet événement a paradoxalement permis de préserver l’architecture composite des édifices, où la terre et le bois sont omniprésents, mais également de découvrir une grande partie des mobiliers abandonnés sur place lorsque les habitants ont fui la catastrophe.

Mosaïque des Bacchantes

Samedi 19 janvier 2019 : Ainos/Enez

jeudi 3 janvier 2019

Notre société reprend ses activités le samedi 19 janvier 2019 avec l’assemblée générale à 15h, suivie de la conférence de

Sait BAŞARAN (Directeur de la fouille d’Ainos/Enez, Ministère turc de la Culture), Helmut BRÜCKNER (Professeur à l’Université de Cologne) et Anca DAN (Chargée de recherches, AOROC, CNRS-ENS-PSL) sur Nouvelles recherches historiques et géoarchéologiques à Ainos/Enez (Turquie d’Europe).

Ainos/Enez (Turquie d’Europe)

Le site archéologique d’Ainos (moderne Enez, province d’Edirne), à l’embouchure du fleuve Hébros (moderne Evros/Maritza/Meriç), sur le rivage turc faisant face à la Grèce (Alexandroupolis et l’île de Samothrace) a été occupé continuellement, depuis la préhistoire. De fait, un établissement néolithique (6500 av. J.-C.) a été découvert à Hoca Çeşme (ca. 10 km E de la ville actuelle, à l’intérieur des terres). Mais à Ainos même, les plus anciennes traces archéologiques remontent au Chalcolithique (IVe millénaire av. J.-C.): elles furent trouvées sur la colline principale d’Enez – qui a accueilli l’“acropole” antique d’Ainos et où l’on voit encore aujourd’hui les fortifications médiévales et l’ancienne église Saint Constantin, devenue la mosquée Fatih en 1456.

La fondation de la ville grecque en pays thrace (des Apsinthes), au VIIe siècle av. J.-C., par des Éoliens venus peut-être de l’Asie Mineure, de la Chersonèse et de l’île de Lesbos, a déterminé le destin égéen de la péninsule d’Ainos, véritable tête de pont entre la mer et l’arrière-pays. Le fleuve, navigable par de gros bateaux jusqu’à Adrianopole/Edirne encore au XVIIIe siècle, fut une voie d’accès privilégiée depuis la Méditerranée vers les Balkans et la mer Noire. Athéniens, Perses, Macédoniens, Romains, Byzantins, Génois et Ottomans ont tiré profit de cette position stratégique, tout en exploitant les ressources des eaux (poisson, sel) et des terres (esclaves, cultures de céréales, vigne). Mais ils ont dû faire face à des changements environmentaux complexes, que le travail interdisciplinaire des historiens, archéologues et géoarchéologues permet aujourd’hui de reconstituer en partie.

Nous présenterons un bilan des recherches en cours, en partant des sources littéraires (Anca Dan) et des plus importantes découvertes archéologiques, pour la plupart inédites (Sait Başaran), mises désormais dans une nouvelle perspective géographique (Helmut Brückner, Anna Pint). Sur la base des carottages géomorphologiques et des prospections géophysiques (électriques et magnétiques, réalisées par l’Université de Kiel sous la direction du Prof. W. Rabbel), nous proposons un premier scénario de l’évolution de la côte marine, des lagunes et du delta de l’Hébros/Meriç, avec les zones qui ont pu accueillir des ports et des mouillages maritimes et fluviaux tout au lont de l’histoire. Au final, nous retournerons aux objets et aux textes, pour montrer comment la force de la nature trouve un reflet dans les pratiques cultuelles des hommes, au-delà des cultures.

Des matériaux d’information complémentaires, en anglais et allemand, sont disponibles à l’adresse http://www.transfers.ens.fr/IMG/pdf/abstracts-istanbul.pdf. Cette recherche s’intègre au programme de fouilles menées par l’Université d’Istanbul et le Ministère turc de la Culture, depuis 1971 ; elle est actuellement financée par le programme LEGECARTAS du CNRS http://www.archeo.ens.fr/spip.php?article1685; la collaboration franco-turco-allemande se situe dans la continuité du programme allemand SPP Häfen (dir. Helmut Brückner, Thomas Schmidts): http://www.spp-haefen.de/en/projects/die-thrakische-hafenstadt-ainos.

SFAC : le programme de l’année 2019

samedi 15 décembre 2018

19 janvier 2019, Assemblée générale
Anca Dan (AOROC) et Sait Basaran (Université d’Istanbul)
Nouvelles recherches historiques et géoarchéologiques à Ainos/Enez (Turquie d’Europe)

16 février 2019
Thomas Le Paon (Université de Tours)
Les thermes centraux de Gerasa

16 mars 2019
Aïcha Malek (AOROC – PSL) et Youcef Albeche
Travaux récents à Lambèse

13 avril 2019
Sylvian Fachard (Andrew W. Mellon Professor of Classical Studies, École américaine d’études classiques à Athènes)
Une prospection intensive aux frontières attico-béotiennes : le projet Mazi

18 mai 2019
Koray Konuk (CNRS Bordeaux, Ausonius), Didier Laroche (CNRS) et Francis Prost (Paris 1)
La fouille d’Eurômos en Turquie

22 ou 39 Juin 2019
Sortie à Lyon (à confirmer)

19 octobre 2019
Martine Joly (Université de Toulouse Jean-Jaurès)
Les fouilles au temple de Janus, à Autun

16 novembre 2019
William Van Andringa (École pratique des hautes études)
Travaux récents à Saint Bertrand de Comminges

14 décembre 2019
Daniel Roger et Steve Glisoni (Musée du Louvre)
Les fouilles de Gabies

ANNULATION DE LA Dernière séance de l’année 2018 : samedi 15 décembre

jeudi 6 décembre 2018

Nous sommes contraints d’annuler notre prochaine séance de la SFAC, ce samedi 15 décembre.
En effet, nous n’avons pas l’assurance que l’Institut National d’Histoire de l’Art sera ouvert samedi et, dans cette incertitude, nous ne voulons pas vous engager à prévoir un déplacement qui s’avérerait inutile. Si même la séance pouvait avoir lieu, ce qui est loin d’être sûr, nous comprenons aussi que beaucoup d’entre vous hésiteraient à s’engager dans le centre de Paris (chose bien compréhensible en période de manifestations), ce qui rendrait notre conférence, réduite à quelques rares auditeurs, bien désagréable pour tous.
Nous nous réjouissions d’entendre notre collègue Philippe Jockey, et nous nous excusons auprès de lui, tout en l’assurant que nous lui donnerons dès que possible l’occasion de venir vous parler de Delphes.

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Le samedi 15 décembre 2018 à 15h (salle Walter Benjamin, INHA), Philippe JOCKEY (Université Paris Nanterre / UMR ArScAn) présentera une communication intitulée

Le décor sculpté de la tholos de Delphes, de l’éclatement matériel à la recomposition numérique 3D : méthodes et premiers résultats

La Tholos de Delphes, célèbre dans l’Antiquité pour son architecture audacieuse, ne l’était pas moins pour son décor sculpté. Les quatre-vingts métopes des ordres intérieur et extérieur du monument et leurs figures taillées en très haut relief ont retenu l’attention des chercheurs depuis plus d’un siècle, conduisant aux rapprochements spectaculaires et recollages matériels opérés par Jean Marcadé au sein des centaines de fragments dispersés et anonymes, sans jamais cependant parvenir à leur publication d’ensemble. Les progrès de la modélisation 3D, ces toutes dernières années, ouvrent la voie à une recomposition d’ensemble des deux frises sculptées, prélude à leur publication en ligne, fondée sur les rapprochements autorisés par l’outil numérique entre fragments delphiens et grandes compositions d’ensemble antiques, convoqués au titre de parallèles. On présente ici les enjeux, la méthode suivie et les premiers résultats de ces approches inédites.

Prochaine séance le 17 novembre 2018

samedi 10 novembre 2018

Raphaël ORGEOLET (Aix-Marseille Université), présentera une communication sur :
Kirrha : pratiques funéraires et société aux marges du monde proto-mycénien

La reprise des fouilles à Kirrha (Phocide, Grèce) il y a un peu moins d’une dizaine d’années a considérablement changé notre perception de ce site de l’âge du Bronze, mais aussi de la région aux périodes plus anciennes. A l’occasion de la présentation de ces recherches, on mettra l’accent sur les très riches données funéraires remontant à la transition du Bronze Moyen au Bronze Récent, contemporaines des Cercles A et B de Mycènes. Loin de l’image de « simplicité » trop souvent accolée aux communautés périphériques du monde mycénien en cours de formation, elles nous révèlent tout au contraire un monde complexe, souvent original, mais pleinement intégré aux réseaux de son temps.

Reprise de nos séances le samedi 13 octobre 2018

vendredi 31 août 2018

Les séances de la Société française d’archéologie classique reprennent le samedi 13 octobre 2018, à 15h, à l’INHA.

Henri Tréziny présentera les Nouvelles données sur l’occupation de l’espace à Mégara Hyblaea à l’époque archaïque.

Depuis la dernière présentation à la SFAC en 2005, les travaux de recherche à Mégara Hyblaea ont porté surtout sur la publication de trois volumes consacrés aux fouilles anciennes : la ville hellénistique en 2018, la nécropole archaïque en deux volumes dont un à paraître, l’autre paru en 2017. En parallèle, des prospections géophysiques ont été menées sur l’habitat archaïque.
En 2006, des fouilles ont eu lieu sur la porte archaïque Ouest, mais aussi sur une villa romaine et le sanctuaire du Nord-Est, dans le cadre d’un financement européen.
En 2017 a commencé, dans le cadre des programmes de l’École française de Rome, la fouille partielle d’un îlot archaïque dans une zone peu explorée jusque-là. On en donnera rapidement les premiers résultats. La conférence essaiera surtout de faire un bilan d’ensemble des formes d’occupation de l’espace à l’époque archaïque, en embrassant à la fois le port et les sanctuaires, le plan d’urbanisme et la fortification, les nécropoles et l’organisation du territoire proche.

Samedi 26 mai 2018 : Recherches sur le territoire et l’économie de deux peuples de l’Italie préromaine

dimanche 29 avril 2018

Samedi 26 mai 2018, à 15h, salle Walter Benjamin (INHA), Stéphane Bourdin (Université de Picardie – Jules-Verne) présentera une communication sur

Les centres fortifiés des Vestins Cismontani et des Péligniens Superaequani.

Recherches sur le territoire et l’économie de deux peuples de l’Italie préromaine

Les enceintes sommitales d’Italie centrale ont longtemps été renvoyées à un horizon très ancien (les Pélasges…) ou considérées comme des vestiges de systèmes fortifiés utilisés pour défendre le territoire des invasions romaines. Les prospections, conduites dans les années 1970-1980, ont permis la découverte d’une soixantaine de centres fortifiés sur les territoires des Vestins et des Péligniens, deux populations du centre de l’Italie (dans les Abruzzes actuelles). Ces sites étaient toutefois mal datés et la description des fortifications elles-mêmes un peu aléatoire. Un programme d’étude, conduit par l’École française de Rome, a été mené de 2006 à 2011, avec des prospections de surface systématiques sur les centres fortifiés recensés, l’étude des fortifications, des sondages sur certains d’entre eux et des prospections inventaires destinées à comprendre l’organisation générale du territoire.

Stéphane Bourdin présentera les résultats de ces recherches, qui donneront lieu à une monographie (en cours d’achèvement) : la typologie des fortifications, la durée d’occupation des centres fortifiés et l’organisation du territoire des Vestins et des Péligniens, leur évolution sociale et politique du IXe siècle av. J.-C. à la guerre sociale, le rôle joué par ces centres dans le développement de l’économie pastorale et de la transhumance, ainsi que les transformations provoquées par le passage sous la domination romaine.

Samedi 7 avril 2018 : Nouvelles recherches sur les théâtres de Pompéi

vendredi 30 mars 2018

Éloïse LETELLIER-TAILLEFER, Chercheuse associée à l’IRAA, USR 3155

Situés au cœur d’un quartier largement occupé par des monuments publics entre le forum triangulaire et la porte de Stabies, les deux théâtres de Pompéi ont été mis au jour dès le début des fouilles, à partir des années 1760, comme l’attestent de nombreux documents d’archives. Dès cette date et jusqu’à très récemment, ils ont subi d’importantes restaurations afin d’être présentés au public. Visités par de nombreux antiquaires et touristes depuis le XVIIIe siècle, les deux monuments font l’objet d’une riche documentation moderne, notamment graphique et photographique, largement dispersée.
Ces théâtres, bâtis entre la période samnite et la fondation coloniale de Pompéi, sont considérés comme des édifices-clés dans l’histoire architecturale des théâtres antiques car ils illustreraient le passage de formes grecques à des formes latines. Ils jouent par ailleurs un rôle crucial dans l’histoire urbaine de la petite cité campanienne que son ensevelissement par le Vésuve a transformée en échantillon archéologique exceptionnel. Pourtant, ils demeurent très mal connus scientifiquement et n’ont jamais fait l’objet d’une publication monographique.
La conférence présentera la méthode et les premiers résultats des recherches menées depuis 2016 par l’équipe du projet Teatri di Pompei qui, en croisant enquête documentaire et de terrain, touchent à l’histoire architecturale des deux monuments, mais aussi aux usages quotidiens de tels lieux publics urbains.

Samedi 10 février 2018 : la ville caravanière de Thâj (Arabie orientale)

dimanche 14 janvier 2018

Le samedi 10 février 2018, la Société française d’archéologie classique accueille Jérôme Rohmer (Chargé de recherche CNRS – UMR 8167 Orient et Méditerranée), qui présentera à 15h une conférence intitulée

Aux marges des mondes hellénistique, parthe et sassanide : la ville caravanière de Thâj (Arabie orientale).

Situé dans la province orientale de l’Arabie saoudite, à 90 km à l’ouest du port d’al-Jubayl, Thâj est le plus grand site préislamique et la seule véritable ville antique connue dans l’est de la péninsule arabique. Composé d’une ville fortifiée de 40 ha, de faubourgs d’environ 20 ha et d’une vaste nécropole d’un millier de tumuli, il fut occupé entre l’époque « hellénistique » et la haute époque sassanide (iiie s. av. J.-C. – ive s. apr. J.-C.). Situé sur la principale piste caravanière transarabique et relié aux routes maritimes du Golfe, il constituait manifestement un carrefour commercial de première importance entre l’Arabie du Sud, la Mésopotamie, le Levant et l’Inde. Certains savants ont proposé d’y reconnaître l’antique Gerrha, capitale d’un richissime mais énigmatique royaume caravanier d’Arabie orientale, mais il pourrait également s’agir d’une des autres puissances indigènes de la région dont les sources grecques et arabiques (notamment les monnaies) gardent le souvenir.

Depuis 2016, le site fait l’objet d’un programme de fouille international codirigé par J. Rohmer (CNRS, UMR 8167), Ahmad al-Jallad (université de Leyde, Pays-Bas) et M. al-Hajiri (Saudi Commision for Tourism and National Heritage). La conférence présentera les résultats des deux premières campagnes (2016-2017), qui apportent de nombreuses nouvelles informations concernant l’environnement du site, son urbanisme, sa chronologie et sa culture matérielle.

Première séance de l’année : samedi 13 janvier, Assemblée générale et conférence de Gabriel Rocque

vendredi 5 janvier 2018

Samedi 13 janvier 2018, après l’assemblée générale et les hommages à Marie-Christine Hellmann, Gabriel Rocque (Service d’Archéologie Préventive du Département de l’Allier) présentera une communication sur

Un sanctuaire antique monumental en lisière de bas marais à Magny-cours (Nièvre)

Le site de Magny-Cours est situé à 20 km au sud de Nevers (Nièvre). Durant l’époque antique, il était localisé en bordure occidentale du territoire éduen, à proximité de celui des Bituriges. Il s’étend sur une surface d’un peu plus de 2 ha.
Les résultats ont été obtenus grâce à un diagnostic archéologique mis en œuvre par l’INRAP, qui a été suivi d’une opération de fouille préventive menée par le Service d’Archéologie Préventive du Département de l’Allier.
Deux espaces cultuels antiques ont été mis au jour. L’un, au nord, associe un temple à une tourbière ayant livré des ex-voto en bois. Cet ensemble n’a pas été fouillé, il est aujourd’hui constitué en réserve archéologique. Le second, au sud, a fait l’objet d’une fouille intégrale. Un grand nombre de constructions a été mis au jour parmi lesquelles plusieurs bâtiments publics : thermes, latrines, théâtre et fanum. Une quinzaine d’autres édifices complète l’organisation de ce site bordé par une grande voie et desservi par une série de petites venelles. L’occupation de ces deux ensembles s’étend entre le Ier siècle avant notre ère et le IVe siècle de notre ère.
L’intérêt de ce site porte également sur l’étude d’une vaste zone humide composée de plusieurs tourbières et de cours d’eau aux tracés changeants. Ainsi, la restitution du paysage peut-être corrélée à l’histoire du site et aux sanctuaires antiques. Ceux-ci entretiennent d’ailleurs des relations complexes avec cette zone humide et avec l’eau en général, que cette fouille permet d’aborder.