Archive pour la catégorie ‘Conférences’

Samedi 10 février 2018 : la ville caravanière de Thâj (Arabie orientale)

dimanche 14 janvier 2018

Le samedi 10 février 2018, la Société française d’archéologie classique accueille Jérôme Rohmer (Chargé de recherche CNRS – UMR 8167 Orient et Méditerranée), qui présentera à 15h une conférence intitulée

Aux marges des mondes hellénistique, parthe et sassanide : la ville caravanière de Thâj (Arabie orientale).

Situé dans la province orientale de l’Arabie saoudite, à 90 km à l’ouest du port d’al-Jubayl, Thâj est le plus grand site préislamique et la seule véritable ville antique connue dans l’est de la péninsule arabique. Composé d’une ville fortifiée de 40 ha, de faubourgs d’environ 20 ha et d’une vaste nécropole d’un millier de tumuli, il fut occupé entre l’époque « hellénistique » et la haute époque sassanide (iiie s. av. J.-C. – ive s. apr. J.-C.). Situé sur la principale piste caravanière transarabique et relié aux routes maritimes du Golfe, il constituait manifestement un carrefour commercial de première importance entre l’Arabie du Sud, la Mésopotamie, le Levant et l’Inde. Certains savants ont proposé d’y reconnaître l’antique Gerrha, capitale d’un richissime mais énigmatique royaume caravanier d’Arabie orientale, mais il pourrait également s’agir d’une des autres puissances indigènes de la région dont les sources grecques et arabiques (notamment les monnaies) gardent le souvenir.

Depuis 2016, le site fait l’objet d’un programme de fouille international codirigé par J. Rohmer (CNRS, UMR 8167), Ahmad al-Jallad (université de Leyde, Pays-Bas) et M. al-Hajiri (Saudi Commision for Tourism and National Heritage). La conférence présentera les résultats des deux premières campagnes (2016-2017), qui apportent de nombreuses nouvelles informations concernant l’environnement du site, son urbanisme, sa chronologie et sa culture matérielle.

Première séance de l’année : samedi 13 janvier, Assemblée générale et conférence de Gabriel Rocque

vendredi 5 janvier 2018

Samedi 13 janvier 2018, après l’assemblée générale et les hommages à Marie-Christine Hellmann, Gabriel Rocque (Service d’Archéologie Préventive du Département de l’Allier) présentera une communication sur

Un sanctuaire antique monumental en lisière de bas marais à Magny-cours (Nièvre)

Le site de Magny-Cours est situé à 20 km au sud de Nevers (Nièvre). Durant l’époque antique, il était localisé en bordure occidentale du territoire éduen, à proximité de celui des Bituriges. Il s’étend sur une surface d’un peu plus de 2 ha.
Les résultats ont été obtenus grâce à un diagnostic archéologique mis en œuvre par l’INRAP, qui a été suivi d’une opération de fouille préventive menée par le Service d’Archéologie Préventive du Département de l’Allier.
Deux espaces cultuels antiques ont été mis au jour. L’un, au nord, associe un temple à une tourbière ayant livré des ex-voto en bois. Cet ensemble n’a pas été fouillé, il est aujourd’hui constitué en réserve archéologique. Le second, au sud, a fait l’objet d’une fouille intégrale. Un grand nombre de constructions a été mis au jour parmi lesquelles plusieurs bâtiments publics : thermes, latrines, théâtre et fanum. Une quinzaine d’autres édifices complète l’organisation de ce site bordé par une grande voie et desservi par une série de petites venelles. L’occupation de ces deux ensembles s’étend entre le Ier siècle avant notre ère et le IVe siècle de notre ère.
L’intérêt de ce site porte également sur l’étude d’une vaste zone humide composée de plusieurs tourbières et de cours d’eau aux tracés changeants. Ainsi, la restitution du paysage peut-être corrélée à l’histoire du site et aux sanctuaires antiques. Ceux-ci entretiennent d’ailleurs des relations complexes avec cette zone humide et avec l’eau en général, que cette fouille permet d’aborder.

Le programme de l’année 2018

mercredi 3 janvier 2018

13 Janvier 2018  

Assemblée générale de la SFAC

Gabriel Roque, Fouilles de Magny-Cours

10 février 2018

Jérôme Rohmer, Fouilles de Thaj en Arabie

17 mars 2018

Journée d’études : Archéologie de l’hellénisme sur les côtes et dans les îles de la Méditerranée orientale (VIIIe – Ier siècles av. J.-C), bilans récents et perspectives

7 avril 2018

Éloïse Letellier, Le théâtre de Pompéi

26 mai 2018

Stéphane Bourdin, Les régions sabelliques du nord

Juin 2018

Sortie à Grand dans les Vosges

13 octobre 2018

Henri Tréziny, Nouvelles données sur l’occupation de l’espace à Mégara Hyblaea à l’époque archaïque

17 novembre 2018

Julien Zurbach et Raphaël Orgelet, Recherches récentes sur la protohistoire de Kirrha (Phocide)

15 décembre 2018

Philippe Jockey, Travaux récents : Les sculptures de la tholos de Delphes

Samedi 9 décembre 2017 – Sanctuaires, stibadia et bains à Pétra (Jordanie) : recherches récentes de la mission archéologique française

jeudi 30 novembre 2017

Samedi 9 décembre 2017 (15h, INHA), nous recevons Laurent Tholbecq  (Chaire d’Archéologie des provinces romaines, Université libre de Bruxelles – ULB)

Les fouilles menées ces quinze dernières années dans la capitale du royaume nabatéen permettent d’établir les principaux jalons de l’occupation de Pétra, entre la fin du IVe s. av. n.è. et les Xe/XIe siècles de n.è. Menant une réflexion générale sur les sanctuaires païens, la mission archéologique française concentre ses recherches sur quelques pôles religieux majeurs de la ville, témoins de l’évolution des espaces et des pratiques, avant et après la création de la Provincia Arabia en 106 : sont ainsi étudiés le Qasr al-Bint, un grand sanctuaire urbain et ses dépendances (propylées/téménos/espaces de banquet), la « Chapelle d’Obodas », un sanctuaire tribal nabatéen et son haut lieu associé (le Jabal Numayr), un sanctuaire périurbain situé à 6,5 km de la ville (Wadi Sabra) associant téménos, thermes et théâtre, espaces réinvestis à l’époque tardo-antique par une garnison romaine, et un quartier périphérique de sommet (le Jabal Khubthah), un espace plurifonctionnel ayant mené à la découverte de structures cultuelles d’époques nabatéenne et romaine et de bains inédits conservés dans un état tardo-romain. Seront également présentés les résultats d’une étude menée sur une quinzaine de stibadia rupestres relevés tant en contextes funéraire que religieux sur tout le territoire de la ville.

Prochaine séance le samedi 13 Janvier 2018

Assemblée générale de la SFAC

Conférence de Gabriel Roque, Fouilles de Magny-Cours.

Prochaine séance, samedi 18 novembre

jeudi 26 octobre 2017

Le samedi 18 novembre 2017 à 15h, la SFAC accueille Jean-Pierre Laporte, qui présentera une communication intitulée

« Recherches archéologiques en Algérie (1969-1971) ».

Un inventaire archéologique de la Kabylie du Djurdjura (1969-1971), réalisé dans le cadre de la coopération franco-algérienne, s’est poursuivi depuis par des réévaluations systématiques des connaissances, en collaboration avec le Centre National d’Archéologie Algérienne, le Haut Conseil à l’Amazighité, avec des sociétés locales, mais aussi avec les Universités de Sousse et de Kairouan. La recherche initiale sur les vestiges « romains » s’est peu à peu étendue à des questions libyques (berbères) ou libyco-puniques, mais aussi médiévales, tant l’histoire de l’Afrique du Nord est un tout. Bientôt 50 ans de recherches ont produit plus de 155 articles sur l’Afrique du Nord, non seulement sur la Kabylie, mais encore sur le reste de l’Algérie et aussi quelques sites de Tunisie (Carthage, Sousse), mettant notamment en lumière des villes, des monuments, des révoltes, des personnages peu connus.

La rentrée de la SFAC, c’est le samedi 14 octobre 2017

lundi 28 août 2017

Nous aurons le plaisir d’entendre Dimitra Malamidou (Éphorie de Kavala) évoquer les recherches autour du mont Pangée (Grèce).

Située au carrefour d’influences entre la mer Égée et l’Europe, le mont Pangée offre l’occasion d’explorer la diversité et la richesse d’un patrimoine historique important. Massif montagneux, riche en forêts et minerais, il domine le paysage de Macédoine orientale entre les fleuves Strymon et Nestos. Ses richesses minières, exploitées d’abord par les populations indigènes préhistoriques et les Thraces, ont été par la suite disputées entre Thasos, Athènes, et les rois de Macédoine, avant d’être prises par les Romains.
Les travaux récents présentés lors de la conférence essayent d’éclairer certains aspects technologiques, économiques et historiques de l’exploitation de ces richesses. Les résultats de projets de recherche en cours pourront alimenter les discussions sur l’évolution des aires d’influence et/ou du territoire des cités grecques de la région, ainsi que sur les transformations du rôle des différentes ressources du mont Pangée à travers les siècles.

Mont Pangée depuis Philippes (DR)

 

Notez dès à présent les dates des conférences suivantes :

18 novembre 2017

Jean-Pierre Laporte, « Berbères et Romains dans l’Algérie antique ».

9 décembre 2017

Laurent Tholbecq, « Actualités de la recherche française à Pétra ».

Samedi 13 mai 2017 : l’archipel du Kvarner (Croatie) entre l’Antiquité et le haut Moyen Âge

mercredi 22 mars 2017

Morana Čaušević-Bully (Université de Franche-Comté, UMR 6249 Chrono-environnement), présentera une communication sur Les villes et les campagnes insulaires de l’archipel du Kvarner (Croatie) entre l’Antiquité et le haut Moyen Âge.

Samedi 25 février 2017 : Nouvelles recherches à Termez, Ouzbékistan

samedi 21 janvier 2017

Le 25 février 2017, nous aurons le plaisir d’entendre Pierre Leriche (DR émérite, UMR 8546 Aoroc) nous présenter les nouvelles recherches menées à Termez (Ouzbékistan).

Après la fermeture de l’Afghanistan et l’éclatement de l’URSS, plusieurs missions archéologiques ont été créées au Nord de l’Amou Daria. Parmi celles-ci, est née, en 1993, la « Mission Archéologique Franco-Ouzbèque de Bactriane du Nord » (MAFOuzB) afin de poursuivre l’étude de la Bactriane antique dans la province du Surkhan Darya (Ouzbékistan sud).
L’objectif principal de cette mission est, naturellement, la fouille du site de l’Ancienne Termez, fondation hellénistique devenue puissante cité médiévale qui, en 1220, osa défier Gengis Khan et n’y survécut pas. Ce vaste site des bords de l’Amou Darya, non réoccupé, a livré de remarquables vestiges architecturaux – impressionnantes fortifications, édifices religieux, palais – et un abondant matériel artistique et céramique d’époque antique et médiévale. Ainsi se trouve renouvelée de manière significative notre connaissance de la civilisation et de l’histoire de cette Asie Centrale, entre Chine, Inde et Iran, d’Alexandre jusqu’aux Mongols.

 

Prochaine séance : 18 mars 2017
Sebastian F. Ramallo Asensio, « Nouvelles recherches à Carthago Nuova »

Conférences 2017 de la Société française d’archéologie classique

lundi 12 décembre 2016

14 janvier 2017

Olivier Henry, « L’expression du pouvoir de Mausole et le site de Labraunda en Carie »

 

25 février 2017

Pierre Leriche, « Nouvelles recherches à Termez, Ouzbékistan »

 

18 mars 2017

Santiago F. Ramallo Asensio, « Nouvelles recherches à Carthago Nova »

 

13 mai 2017

Morana Čaušević-Bully, « Les villes et les campagnes insulaires de l’archipel du Kvarner (Croatie) entre l’Antiquité et le haut Moyen Âge »

 

14 octobre 2017

Dimitra Malamidou, « Recherches autour du mont Pangée »

 

18 novembre 2017

Jean-Pierre Laporte, « Berbères et Romains dans l’Algérie antique »

 

9 décembre 2017

Laurent Tholbecq, « Actualités de la recherche française à Pétra »

Samedi 14 janvier 2017 : Assemblée générale de la SFAC et conférence sur Labraunda

dimanche 11 décembre 2016

L’assemblée générale de notre société aura lieu le samedi 14 janvier 2017 à 15h. Elle sera suivie de la conférence d’Olivier Henry sur le site de Labraunda (Carie).

L’expression du pouvoir de Mausole et le site de Labraunda en Carie

« J’avais enfin rencontré l’objet de mes fatigantes recherches : j’étais bien à Labranda. Strabon dit que le temple de Jupiter Stratius, dans ce lieu, était fort ancien. Tout, dans les ruines de celui de Yaïla, annonce une haute antiquité. Il ne ressemble en rien à tous ceux que j’ai vus jusqu’à ce jour. » Le site de Labraunda, décrit ici par Philippe Le Bas dans un courrier publié en 1844, souligne l’attraction qu’a exercée le site sur de nombreux chercheurs européens dès le XIXe s. Mentionné à plusieurs reprises dans les textes anciens, d’Hérodote à Elien, Labraunda ne fut en effet redécouvert qu’à cette période.

Suite aux travaux de Ph. Le Bas, puis d’A. Laumonier au début du XXe s., c’est une équipe suédoise de l’Université d’Uppsala, placée sous la direction d’A. W. Persson, qui entama un ambitieux programme de fouilles à partir de 1948. En quelques décennies les archéologues mirent au jour ce qui reste encore aujourd’hui le plus beau témoin de la culture carienne. Localisé au cœur de la Carie antique dans le sud-ouest de la Turquie moderne, Labraunda est connu pour être le siège d’un des plus grands cultes du sud-ouest de l’Asie Mineure antique, celui de Zeus Labraundos, le Dieu à la double hache.

Sanctuaire rural modeste dès la période archaïque, Labraunda fut l’objet de toutes les attentions des dynastes/satrapes hékatomnides au IVe s. av. J.-C. Sous l’impulsion de Mausole, et de son frère Idrieus, le site fut transformé, agrandi, embelli et doté d’une architecture somptuaire qui en fit un centre de culte pan-Carien. La richesse des vestiges de ce lieu monticole, encore largement protégé de l’expansion urbaine, a été la source d’une abondante bibliographie. Les nombreux bâtiments mis au jour ont permis de lever le voile sur une culture carienne surprenante, expérimentant de nouvelles formes architecturales. Ces dernières révélèrent l’importance des échanges culturels à l’œuvre dans cette région de l’Asie Mineure, à la frontière des mondes grecs, anatoliens et perses. La qualité de ce matériel architectural amena les archéologues du XXe s. à concentrer leurs efforts sur le cœur du temenos et à adopter une approche formelle des bâtiments. Après plus de 65 années de fouille, et bien qu’il n’ait été fouillé qu’en partie, le site est aujourd’hui bien connu. Labraunda ne cesse cependant de soulever des questions qui ne peuvent être abordées qu’à condition de procéder à une double contextualisation des vestiges, contextualisation des bâtiments au sein même du sanctuaire, contextualisation historique de Labraunda dans le développement de la région au IVe s. av. J.-C.

Le but de cette communication sera de présenter le site, particulièrement dans son état hékatomnide, et l’originalité de la culture carienne telle qu’elle nous apparaît à Labraunda. Ensuite, et à la lumière des travaux menés au cours de ces dernières années, nous proposerons de faire un point de nos connaissances et de replacer le site dans l’histoire mouvementée de la Carie à la charnière des périodes classique et hellénistique.

La prochaine conférence aura lieu le 25 février 2017 : Pierre Leriche, « Nouvelles recherches à Termez, Ouzbékistan ».